Passage de flambeau
Du changement pour l'Ecole Professorale mais une ambition intacte au service de la formation des professeurs.
Que devient l’Ecole Professorale de Paris ?
Alexandrine Lionet : L’Ecole Professorale de Paris intègre l’association Saint-Jean de Passy et à ce titre, elle va bénéficier de tous les moyens, qu’ils soient humains, matériels ou financiers de l’association.
Par ailleurs, Saint-Jean de Passy propose désormais un enseignement de la maternelle jusqu’à la formation de professeurs. Nos étudiants, futurs professeurs, vont bénéficier du même projet éducatif de presque 190 ans d’histoire.
Louis de l’Escalopier : L’Ecole Professorale devient partie intégrante de l’établissement, d’un ensemble scolaire plus vaste. Pour nous, c’est une joie de savoir que nous allons former des professeurs, tant pour nos établissements du privé que pour ceux du public, des professeurs tels que nous les souhaiterions pour nos élèves.
AL : Nous éduquons des collégiens, des lycéens et nous savons ce dont nous avons besoin ; nous formons de futurs professeurs ancrés dans la vie d’une école ! À cet égard, nous servons l’institution en même temps que la vocation enseignante. Nous offrons un service complet et intégré. C’est un service de la nation. Nous ne sommes pas dans le combat, nous sommes une école de la République qui forme des professeurs qui se destinent aussi bien à l’enseignement public qu’à l’enseignement privé.
LE : Notre objectif est avant tout de former au CAPES et au CAPES/CAFEP, parce que nous voulons donner des enseignants à notre pays qui en manque cruellement. Bien sûr, nous formons aussi à l’agrégation.
Quels sont les atouts spécifiques de l’Ecole Professorale ?
LE : En proposant une formation au choix : sur place ou à distance, nous permettons à un plus grand nombre d’étudiants de bénéficier de toutes les ressources de Saint-Jean.
Sur place, ils ont accès aux bibliothèques, aux salles de travail, mais aussi accès au restaurant des étudiants. Et nous constatons que les étudiants ont besoin de ce lien concret d’appartenance à l’établissement, ils le demandent.
En ouvrant la formation à distance, nous pouvons toucher des étudiants de partout. C’est bien ce que nous voulons : leur permettre, quel que soit l’endroit où ils se trouvent, d’accéder aux ressources des meilleurs professeurs.
AL : Nous sommes aussi en mesure de proposer aux étudiants qui ne sont pas encore remplaçants, au cours de leur formation, des stages d’observation, pour qu’ils puissent expérimenter le métier d’enseignant auquel ils se destinent. Et ils pourront le faire auprès de professeurs expérimentés de Saint-Jean de Passy.
LE : Cette proposition est un excellent atout pour mieux réussir au concours. C’est aussi une façon de leur donner les moyens de vérifier qu’ils font le bon choix pour eux en choisissant la voie de l’enseignement. Personnellement, avant de passer le concours, j’ai été suppléant. Et suppléant à Saint-Jean de Passy ! Des suppléances pourraient aussi leur être proposées.
À travers ces deux possibilités, le stage d’observation ou le remplacement, nous créons des synergies, un écosystème favorable où nous nous assurons de la qualité de la formation tout en offrant des opportunités concrètes.
Comment voyez-vous l’avenir de l’Ecole Professorale ?
LE : La première chose, c’est bien sûr d’ouvrir une formation des professeurs dans toutes les disciplines : philosophie, sciences physiques, ESS… L’Ecole professorale a pour vocation d’apporter un élément de réponse à la crise du recrutement de l’enseignement secondaire.
AL : Le deuxième axe est celui de la formation continue. Il s’agit là de répondre à un besoin : les enseignants n’ont que peu de propositions de formation que ce soit d’un point de vue académique ou d’un point de vue pédagogique.
LE : C’est très paradoxal parce que l’enseignement public dispose d’une offre pléthorique qui est peu demandée par les professeurs, notamment parce qu’elle n’est pas pensée par eux. Il s’agit souvent de formations très pointues. L’Ecole Professorale, parce qu’elle intègre les professeurs de Saint-Jean de Passy est en mesure de leur demander de quoi ils ont besoin et d’ouvrir les propositions à l’extérieur.
AL : Nous pourrions prochainement élargir notre offre à celle de la formation chrétienne en établissement. La formation permanente est pour moi l’avenir de l’Ecole Professorale.
LE : Toute l’expertise développée toutes ces années, ces longues années, par Saint-Jean de Passy devient de plus en plus utile pour la préparation et la formation des étudiants.
AL : 190 ans d’histoire…